11 Novembre 2018, Emmanuel Goffi, Délégué national aux Armées et à la Sécurité extérieure.

Emmanuel Goffi

Emmanuel Goffi

Délégué national aux Armées et à la Sécurité extérieure.

Hommage Cent ans déjà, Cent ans seulement.

Cent ans déjà! Cent ans seulement!
Cent ans durant lesquels, malgré
les efforts de quelques-uns, notre mémoire semble s’être affranchie du douloureux souvenir d’un conflit qui fit plus de 21 millions de morts, dont près de 13 millions dans les rangs alliés, parmi lesquels 1,7 millions de Français, civils et militaires. 
A ce nombre effrayant s’ajoutent celles et ceux, civils et militaires, qui furent blessés dans leur chair et dans leur esprit. Et que dire des millions de personnes qui, ayant perdu un parent, un proche, un ami, ont vu leurs vies
s’éteindre aussi brusquement qu’une flamme de bougie soumise aux affres d’un vent violent.
 
Cette horreur, nous qui ne l’avons pas vécue, nous ne pouvons même pas l’imaginer. Elle nous semble si lointaine, impalpable, impensable.
Nous qui nous plaignons de nos infortunes quotidiennes, nous oublions le prix payé par celles et ceux qui se sont sacrifiés pour cet idéal nommée France, pour sa liberté, pour la paix, pour NOTRE liberté, pour NOTRE paix. Nous qui sommes pris dans nos tracas quotidiens, dans des situations difficiles, et pour certaines insurmontables, nous oublions la souffrance de celles et ceux qui ont vécu l’horreur au front comme à l’arrière. Nous qui profitons d’une
paix inédite sur le continent de plus de soixante-dix ans, nous oublions que cette paix ne fût pas gratuite. Nous oublions qu’elle n’est pas gratuite.
 
Faut-il nous en blâmer ?
Certes non. Faut-il pour autant se contenter de ce constat?  Pas plus. Car une mémoire qui s’estompe c’est une
reconnaissance qui s’étiole.  S’il ne faut pas vivre dans un deuil permanent, il faut savoir s’arrêter un instant et penser à toutes celles et tous ceux qui ont consenti à de multiples sacrifices, allant jusqu’au sacrifice ultime, pour que nous puissions vivre libres.
En ce 11 Novembre, il est essentiel de nous souvenir. Nous souvenir de nos morts de 14-18, mais aussi de ceux de 39-45 et de tous les autres conflits auxquels la France a participé. Nous devons nous souvenir du passé et être conscients du présent, car en ce moment même nos militaires combattent sur de nombreux théâtres d’opérations tandis que leurs familles tentent de continuer à vivre malgré les risques et l’éloignement. En ce moment même nos
militaires œuvrent inlassablement à notre sécurité que ce soit à l’étranger ou sur le territoire national. Alors que la politique s’égare sur des sujets périphériques qui détourne notre attention de la terrible réalité des guerres passées et
présentes, alors que chacun instrumentalise l’instant pour faire avancer ses intérêts, nous devons, nous Françaises et Français, savoir ce qui est important. Et ce qui est important c’est la reconnaissance d’un pays libre à celles et ceux qui ont été tués, blessés physiquement et/ou psychologiquement, à celles et ceux qui ont fait le choix, quel qu’en soit le prix, de faire passer l’intérêt commun loin devant leurs intérêts particuliers. Souvenons-nous que «[l]‘armée de la République est au service de la Nation» et que nos militaires «méritent le respect des citoyens et la considération de la Nation»  (art. L. 4111-1 du Code de la défense).
 
En ce 11 novembre 2018, il est indispensable que chacun et chacune d’entre nous rendent hommage aux civils et militaires ayant lutté durant la Grande Guerre. Il est indispensable que nous fassions preuve de reconnaissance à leur égard comme à celui de nos militaires qui continuent de nous protéger.
 

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