La solution de l’immigration en France

Nader AJOYEV Commissaire National à la Solidarité et à l’Intégration.

La solution de l’immigration en France

La France, terre d’asile depuis toujours et terreau des droits de l’Homme, connait un scepticisme grandissant envers les étrangers, qu’ils soient demandeurs d’asile ou immigrés. Certains courants de pensée s’attachent à laisser croire que les flux migratoires submergent les Français financièrement et culturellement.

Mais, sur les 67 millions d’habitants en France, seulement 4,2 millions sont étrangers dont seulement 3,5 de millions sont nés à l’étranger. Il est également à noter que les principales raisons de l’immigration en France sont d’ordre familiales, estudiantines et humanitaires. Il nous semble opportun d’appréhender que rejoindre sa famille est un droit fondamental pour tout un chacun, que les études ne sont que temporaires et permettent le rayonnement culturel français à l’étranger.  Concernant l’immigration d’ordre humanitaire, elle est nécessaire à la protection de la vie et de la dignité des personnes. 

Le Parti démocrate considère l’immigration comme une chance économique pour la France.

 Notre pays a accueilli quelques 10 000 réfugiés syriens sur les 5 millions qui ont fui leur pays au moment où l’Allemagne en a accueilli près d’un million. Pourtant, l’extrême droite assène sans cesse la théorie d’ un « grand remplacement ».

Une des raisons majeures de la perte d’influence de l’Europe dans la gouvernance du monde est le déclin de son poids démographique et la plupart des pays de l’OCDE s’inquiétaient en 2008 d’une pénurie d’immigration. En effet, en 2010, Inter Press Service affirmait que l’Europe devait accueillir 10 millions d’immigrés sur son sol dans les années à venir ou se résigner à mourir d’un manque de compétitivité à cause d’une population vieillissante (l’agence Eurostat prévoit que deux personnes sur trois seraient âgées en 2060).

Selon les idées reçues et véhiculées par certains partis politiques, les migrants ne nuisent nullement à la santé économique du pays. En effet, selon un rapport de Citi et de l’Oxford Martin School, sans la contribution de l’immigration à l’économie, les principales économies de l’OCDE ,dont la France fait partie, seraient moins riches de plusieurs milliards d’euros, notamment par la participation active à la création d’entreprises.

De plus, différents rapports démontrent que les migrantsutilisent moins d’aides sociales et reçoivent donc moins d’argent public. On nous rétorquera bien entendu que les fonds publics sont à destinations des citoyens mais il est impossible de tenir le discours selon lequel l’immigration creuse la dette publique.

D’autre part, la plupart des migrants étant en âge de travailler, l’immigration est productive et augmente la proportionnalité d’actifs par rapports aux personnes à charge.

  •  L’immigration participe donc à l’augmentation des revenus et de l’emploi des économies de l’OCDE
  • Le Parti démocrate s’engage à protéger les immigrés dès leur arrivée et permettre une meilleure intégration.
  • Renforcement des droits et des conditions d’accueil

Depuis trop longtemps, les conditions d’accueil de l’immigration sont biaisées par différents mécanismes.

Nous nous devons de renforcer cet accueil en faveur des droits des immigrés. Cela passe par un retrait des hot spots pour demandeurs d’asile hors UE et par une injection de plus de fond au profit de l’OFPRA et de la CNDA pour traiter les demandes d’asiles plus humainement et ne  plus ajouter de pression supplémentaire sur les épaules de ces instituions.

Nous devons améliorer les pratiques des préfectures dans l’étude des demandes de titres de séjour car nous assistons à une automaticité et participons à une déshumanisation des procédures.

Par ailleurs, les immigrés passent bien trop souvent par la case « Tribunal » pour faire valoir leurs droits alors qu’une étude plus approfondie et personnalisée des dossiers devraient remédier à la majorité des problèmes.

Il est nécessaire de revoir la procédure Dublin, trop peu et mal appliquée par les pays de l’UE. La France doit reprendre son rôle d’État précurseur dans la stabilité européenne.

  • L’accueil des immigrés n’est donc pas un choix des immigrés, ni même une politique à visée économique ou démographique mais doit être une obligation en respect des traités internationaux et en respect de la dignité humaine.
  •  Renforcement de l’intégration à la société

 La pratique actuelle de l’intégration connait une crise depuis près de 40 ans. L’administration se doit à une participation active de cette intégration en évitant la concentration  importante de la population immigrée dans des zones où les difficultés socio-économiques s’accumulent.

Les autorités doivent prendre davantage en compte la spécificité de chacun et travailler plus précisément sur une intégration par les études et le travail. Cela doit passer par le combat contre les pratiques discriminatoires en matière de logement et d’emploi principalement, mais aussi dans l’accueil administratif quotidien.

L’intégration est indispensable à la vie sociale du pays et est ne doit pas être un marqueur d’une fracture entre population immigrée et française.

Nader AJOYEV

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